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Saison 2009-2010

Madame de Sade
De Yukio Mishima
Mise en scène Jacques Vincey
© Anne Gayan

MADAME DE SADE

 

« Si votre mari vous ordonnait de vous faire chienne, le feriez-vous ? »

Les pratiques sexuelles du Marquis de Sade étant jugées immorales, il est emprisonné.
Durant ses dix-huit ans de captivité, sa femme va lui être d’un soutien et d’une fidélité indéfectibles. Le Marquis est absent, mais il est au centre de tous les questionnements. La Marquise de Sade, sa mère, sa soeur, la baronne de Simiane et la comtesse de Saint-Fond, toutes se définissent à travers leurs interprétations des agissements du Marquis. Les cinq femmes échangent leurs points de vue sur l’amour, la moralité, l’ordre social, la liberté, à trois époques différentes : 1772, 1778 et 1790. Selon les mots de l’auteur, la pièce pourrait s’intituler « Sade vu à travers le regard des femmes ».
Qu’est-ce que la morale ? La pièce de Mishima va bien au-delà d’une simple vision du « sadisme ». Elle nous questionne sur les limites qu’impose l’ordre social aux libertés individuelles, sur fond de Révolution latente. Jacques Vincey voit les personnages comme « des insectes autour d’une lampe » qui « virevoltent fiévreusement autour d’une flamme invisible : l’absence physique du Marquis de Sade exalte sa présence virtuelle ». Les pulsions sont chorégraphiées. Les affrontements se font à coups de mots qui s’échangent comme en contrepoint, à la fois fragiles et cinglants. Sous le carcan des robes à crinolines et des perruques démesurées, la passion déborde.

 

Madame de Sade dans la traduction de Nobutaka Miura et l'adaptation française de André Pieyre de Mandiargues est publié par les éditions Gallimard, 1976.