Au monde
(2003-04)
Intérieur nuit-jour : de grandes fenêtres sur rue. Des hommes vieux, très vieux, puissants. Hommes aux pouvoirs aussi considérables que flous. Entourés de femmes, jeunes femmes bienveillantes, silencieusement admiratives. Trois sœurs, trois Grâces, dont les voix entremêlées font écho aux
Trois sœurs de Tchekhov. Un jeune homme, ancien militaire, préoccupé jusqu'à l'obsession par l'idée du bien. Des morts. Un moment de comédie musicale et des odeurs, des vraies, entre autres celle de l'argent. Comment écrire une histoire improbable qui aurait le caractère du rêve et qui ne serait pas entièrement finie ? Bégaiement de la langue, de l'écriture, de l'histoire : comme dans
Huit et demi de Fellini où l'indétermination du réalisateur devient la thématique même de l'œuvre. C'est ce que Joël Pommerat lance comme défi : l'auteur-metteur en scène aime à brouiller les pistes et à composer à partir de matériaux hétéroclites - images vidéo, univers sonore, projections, odeurs (tous les sens sont déployés) - des atmosphères oniriques, où l'incomplétude et le mélange des genres se situent au cœur même de son travail scénique.
> Retour aux archives