Violences, une des plus belles pièces de Didier-Georges Gabily, mort en 1996, a quelque chose d'un roman noir. Un enquêteur ("le Narrant") essaie de reconstituer un meurtre : une "reine mère" et ses deux fils massacrés dans leur ferme normande. Les filles de la famille, Olgue, Macke et Irne, se sont volatilisées à la suite d'une naissance mystérieuse. Le bébé est mort, ainsi que le géniteur - un certain Daniel Jackson que cette "famille d'Enfer" a tué et momifié. Gabily aimait jouer avec les références, populaires ou savantes. Yann-Joël Collin, qui créa un des rôles sous la direction de l'auteur, s'empare de cette histoire foisonnante comme d'une formidable matière de théâtre, portée à incandescence par le lyrisme singulier de la langue. Son spectacle fait éclater l'amour des acteurs qui nourrissait l'écriture de Gabily. À cet amour répond aujourd'hui le plaisir des comédiens emmenés dans l'aventure - dont beaucoup sont issus du groupe XXXIII de l'École du TNS.
Le texte est publié aux Éditions Actes Sud-Papiers