Entretien-abécédaire avec Angélica Liddell
Dans cet entretien, plutôt que des questions, j’ai choisi de tirer le fil prometteur du titre et de le prendre tout à fait au sérieux pour tisser un abécédaire. J’ai proposé à Angélica Liddell une lettre et un énoncé. Elle s’est prêtée à cet exercice qui éclaire son rapport à l’oeuvre et aux thématiques de Yukio Mishima, mais aussi au dialogue entretenu avec lui depuis l’âge de dix-sept ans et à la façon dont il a irrigué sa propre quête artistique.
Propos recueillis en juillet 2025 et traduits par Najate Zouggari — TnS
S comme Sexe [ou comme Suicide]
« Le sexe est une tombe splendide », disait Mishima. Seuls le sexe et la mort nous confrontent aux limites du corps. C'est l’unique façon de savoir que
nous sommes vivante·s au milieu de l'ennui du quotidien. Dans la maladie et la guerre, nous avons besoin de sexe, nous avons besoin de sortir des
pompes funèbres pour aller directement au bordel. Je me souviens de La Gueule ouverte de Maurice Pialat, de Mouchette de Bernanos, de Sous le soleil de Satan. Le Voyage au bout de la nuit, de Céline.
E comme Élégie [ou comme Énergie]
Je fais appel à l'énergie de la fin de la vie. Le suicide est un instant de vitalité maximale. L'élégie est un poème de lamentation, et ce à quoi je fais appel dans cette oeuvre, c'est la fin de la vie ; je revendique le suicide comme faisant partie des beaux-arts. Cette oeuvre est donc anti-élégiaque. Je veux compléter l'oeuvre d'art par la fin de la vie.
P comme Performance
J'ai beaucoup de mal avec ce terme, dans la mesure où ma « représentation » est intimement liée à la sincérité intérieure, au besoin intérieur, à l'idée de mort, tout comme Mishima représente, encore et encore, son suicide. Je ne travaille pas à partir de l'idée de « performance » mais à partir de celle de « représentation » comme désir. La représentation comme désir, un désir profond, abyssal.
P comme Poésie
L'une des choses qui m'étonnent le plus dans le suicide rituel est la composition du poème d'adieu dans les instants qui précèdent la mort, le « Jisei no ku » (ndt ; Les poèmes d’adieu du Coquillage). Je ne parle pas d'une simple lettre de suicide, mais d'un désir de s'exprimer de la manière la plus transcendante possible, c'est-à-dire la ratification d'un état mystique à travers la parole, la nécessité que la beauté existe pour quitter le monde flottant et entrer dans le monde réel, le monde des morts. La poésie est en soi le désir de transcendance, le besoin de Dieu.
U comme Utopie
Les utopistes envisagent la réalisation de l'utopie, ils sont en quelque sorte matérialistes. Je me considère plutôt comme une idéaliste, une ultra-transcendante, le monde réel ne m'intéresse pas, pour moi, ce qui importe, ce sont les ombres projetées par le feu dans la caverne, les idées pures, l'inexistant. La beauté des ombres est précisément ce qui nous fait détester la réalité, c'est ce qui alimente notre insatisfaction, le sentiment que nous ne sommes pas à notre place dans ce monde. Je le perçois ainsi depuis mon enfance. Nous sommes suicidaires depuis l'enfance, nous sommes des idéalistes, nous sommes ceux qui rompons avec tout type de société. Les utopies ne m'intéressent pas vraiment, elles finissent par tomber dans la possibilité, et je déteste la possibilité. Ce qui compte, c'est la sensibilité pure, en soi et pour soi, sans lien avec l'utilitaire. Bref, je ne me bats pas pour m'intégrer. Je vis désintégrée. Je vis dans le monde des anges. Je vis en colère contre le monde réel, comme les anges. En définitive, je suis une romantique invétérée.
K comme Kishikaisei 起死回生 [« résurrection, fait d'arriver à rétablir une situation normale suite à la destruction ou l'effondrement de quelque chose ou d'une situation sans espoir »]
Sans destruction, sans péchés, sans cataclysme, il n'y a pas de résurrection. Nous avons besoin de pécher, nous avons besoin de nous autodétruire pour ressusciter, l'autodestruction consciente. Je me souviens du personnage de Love Exposure de Sion Sono, ce garçon qui commence à pécher pour pouvoir être pardonné. Celui qui commet le plus de crimes jouira d'une plus grande absolution, recevra plus d'amour. Il est vrai que dans le christianisme, cela a des connotations miraculeuses, mais quoi qu'il en soit, la destruction est nécessaire. C'est l'essence même de l'art, la cruauté pour rétablir la lucidité. L'immolation pour entrer au Paradis.
U comme Ulcère [ou comme Universel ; ou comme Ulcère Universel]
À 12 ans, j'avais déjà un ulcère hémorragique du duodénum qui m'a suivi pendant toute mon adolescence. Je suppose que j'ai somatisé l'ulcère d'un univers que je détestais de toutes mes forces. L'être humain est effrayant, c'est un ulcère marchant.
E st-ce que le rituel des invocations aux morts, dans la première partie de Seppuku, a aussi pour objectif de convoquer l'âme de Mishima ?
Non. Cette partie, en particulier, est une invocation aux esprits des personnes qui se sont données la mort. Nous demandons des vêtements de ces personnes à des membres de leur famille ou à des amis qui souhaitent participer à la cérémonie. Mon intention est d'écrire un poème d'adieu pour ces âmes. Je ne partage pas le tabou du suicide. Je ne veux pas le traiter comme un tabou ou un problème social. Le suicide fait partie de la vie. Se suicider, c'est aussi la vie, c'est un acte d'une extrême vitalité et même d'une extrême beauté, un acte avant-gardiste, libre, et en tout cas extrêmement transcendant, mystique. J'ai toujours pensé que les vêtements étaient des fantômes, l'odeur, les particules y restent imprégnées... Je veux dédier un jisei no ku, un poème d'adieu, à ces âmes.
L comme Liddell... Quelle signification attribuez-vous aux noms propres ?
Quand je suis tombée amoureuse, le nom occupait toute la place. C'est incroyable comme un nom peut concentrer le sens d'une histoire d'amour. Le nom est l'être aimé lui-même. Il suffit de son nom, de le prononcer. Cependant, quand je déteste une personne, elle devient immédiatement innommable, je ne peux même pas voir son nom écrit ou l'entendre, son nom me répugne, il me dégoûte, je me souille si je le prononce. Le pouvoir de nommer est impressionnant. En fait, Dieu crée le monde et le nomme, il nomme chaque être vivant qui le peuple. Même une table doit avoir un nom, même le riz. Le nom contient l'esprit, d'une manière plus significative et plus puissante que le visage ou la forme. N'est-ce pas étonnant ?
F aut-il toujours prendre le risque de se blesser ?
Dans le code samouraï du bushido, reflété dans le Hagakure, il existe un concept appelé « Kirinji ». Kirinji signifie mourir l'épée à la main. Mourir en combattant. Choisir la mort quand on doit choisir entre la vie et la mort, sachant que le combat est voué à l'échec. Sans échec, il n'y a pas de Kirinji. Kirinji implique l'absence totale de possibilité de gagner une bataille. Kirinji signifie se battre en sachant que l'on va perdre. Il ne faut pas se protéger, ni se cacher sous l'avant-toit. Il faut toujours prendre le risque. J'essaie d'être un bon samouraï.
U ne citation de Mishima ; « J'ai quelque part acquis la conviction que si l'on manque sa nuit, jamais on ne trouvera d'autre chance d'atteindre dans la vie au bonheur suprême. ». Comment, selon vous, ne pas manquer sa nuit ?
Grâce à la perversion. Cela me rappelle Marguerite Duras, qui parlait de la sincérité de la perversion si je me souviens bien. Nous devons connaître notre perversion, ne pas la rejeter, nous y plonger, la sublimer, nous reconnaître dans la perversion, cette beauté et cette mort.
N comme néant… Que permet l'extinction ?
Je demande une sixième glaciation, après 65 millions d'années, pour enterrer définitivement la cupidité humaine sous la glace. Je demande de toutes mes forces une sixième extinction. Nous ne sommes rien dans l'histoire de la Terre. Nous sommes des millions de personnes insignifiantes. L'androcentrisme par rapport à la planète continue de m'effrayer. Nous ne savons même pas ce qu'il y a au-delà du système solaire. Nous ne savons pas avec certitude d'où viennent nos particules. Est-ce là notre place ? Voulons-nous sauver le monde pour continuer à être des porcs, pour baiser notre prochain, pour nous étouffer d'ambition, pour continuer à être des imbéciles sans remède, des millions d'imbéciles recyclés ? L'androcentrisme du point de vue de l'univers est ridicule. Que cherche-t-on à sauver ? Une nature qui, à l'état sauvage, est nécessairement hostile à l'homme, ou un paysage pour pouvoir y passer ses vacances d'été ? Nous ne savons même pas où nous nous situons dans l'univers. Nous disparaîtrons et cela n'aura même pas d'importance. Je suis une existentialiste planétaire. Une nihiliste des sphères. Je me fiche que le monde touche à sa fin. Ce serait simplement la sixième fois.
E xiste-t-il une question fondamentale ?
« Quand vais-je mourir ? » Même si pour la plupart, la question fondamentale est « Vais-je baiser ? » Le sexe et la mort nécessitent des questions fondamentales.
R comme regard [ou comme Remord]
On peut survivre à l'amour. Mais on ne survit pas aux remords. La culpabilité est quelque chose d'infernal. C'est pourquoi nous accusons toujours les autres des fautes et ne confessons pas les nôtres.
A vez-vous l’impression de prolonger le geste poétique de Mishima ou de le recomposer ?
Je suis Reiko, la femme du conte intitulé Yukoku. Je suis fidèle à mon seigneur, je le suis dans son suicide, je fais junshi, comme un samouraï, je le lui dois. Je dois tout à Mishima. Je dois l'accompagner dans la mort. Je vais aller chercher ses cendres à Tokyo. J'ai obtenu l'une des autorisations accordées pour visiter l'endroit où il a fait son seppuku. Bergman disait que si vous vous rendez à l'endroit où quelqu'un s'est suicidé, vous pouvez savoir quand vous allez mourir. Il suffit de le demander. Je veux poser cette question dans la pièce où Mishima, mon amour, s'est ouvert le ventre.
L es enterrements peuvent-ils être joyeux ?
Il faut une cérémonie consciente du passage dans l'autre monde. Il n'y a pas de place pour la joie, mais seulement pour le respect.
D comme Désirer [ou comme Détester]
Dans mon cas, la haine est le moteur de la création. J'ai besoin de parler de tout ce que je déteste. C'est un besoin qui provient d'une blessure fondamentale, je dirais même d'une blessure de naître. Je m'exprime à travers la colère. J'essaie de transformer la colère en beauté. La poésie me sert à me venger de la médiocrité de la vie. Mes oeuvres sont des vengeances. Je suis Madame Vengeance. Pour cela, j'ai besoin de travailler avec les excréments que je ramasse dans les latrines des autres et dans ma propre latrine, comme le disait Mishima à propos de sa littérature, je suis une nettoyeuse de toilettes. Dans l'art, nous devons transformer toute pourriture en or. Mishima disait que la beauté japonaise est la saleté que l'on ne voit pas. La beauté est toujours la saleté que l'on ne voit pas.
E xiste-t-il, selon vous, un fil qui traverserait le labyrinthe de votre œuvre ?
Il y a toujours un fil conducteur dans mes œuvres, mais il est invisible, il a un sens dans mon monde intérieur, je ne laisse pas le spectateur le voir, je laisse le spectateur perdu. Je connais le fil conducteur, mais je ne le révèle pas, il y a toujours un secret qui sous-tend les œuvres. Et c'est important, précisément parce que c'est un secret. La dramaturgie se construit autour d'un secret. Et je ne donne pas le fil conducteur au spectateur.
M comme Mourir... Comment mourir peut-il être « un plaisir » ? Mishima dit ; « Mourir, c'est émerger, c'est une tâche solaire », se suicider, c'est la célébration de soi-même, la loyauté envers la promesse avec laquelle nous sommes nés, c'est un acte d'une extrême sincérité, ressentir profondément le fait de l'existence, un moment de vitalité maximale, se sentir mourir. Nous ne pouvons vérifier que nous sommes vivants qu'au moment où nous décidons de mettre fin à notre vie, avant que l'ange ne se corrompe. Y a-t-il quelque chose de plus intense ? En fait, dans le film que Mishima tourne en 1966, « Le rituel de l'amour et de la mort », le mot qui apparaît au fond du théâtre Nô est SINCÉRITÉ. La mort et la sincérité.
I comme Inné ou Inévitable... Que peut signifier aujourd'hui le fait d'« affronter une mort certaine », comme le décrit Mishima, inspiré par le code des Samouraïs ?
Inévitable et irréversible. Eh bien, telle était l'angoisse de Mishima tout au long de sa vie, devenir un homme d'action, le conflit entre la plume et l'épée, entre le langage de la chair et le langage des mots. Ses aspirations patriotiques ne sont que la recherche désespérée d'un contexte où il pourrait développer les valeurs du bushido. Mishima n'est pas un militaire, c'est un mystique, en définitive c'est un romantique qui a voulu faire de sa vie un poème à travers l'action, il a voulu compléter son oeuvre d'art par un véritable seppuku, après d'innombrables représentations. C'est l'une des mentalités les plus géniales, complexes et extraordinaires de l'histoire de la littérature. Quand on aime l'éternel, on devient un exilé sur terre. Je me sens comme une exilée sur terre, ce qui signifie que la mort est au centre de ma vie, toujours.
Comme Mishima, je suis également angoissée et obsédée par la dialectique entre l'art et la vie. Écrire, ce n'est pas vivre. Je ne sais pas. Je ne pense pas qu'il y ait de place dans le monde moderne pour l'éthique samouraï, principalement parce que nous ne croyons pas en l'existence de quelque chose de supérieur à nous et que nous avons perdu la capacité de servir, nous vivons obsédés par nos droits sans prêter attention à nos obligations, dans une spirale d'égocentrisme disproportionné. Il faut consacrer sa vie à quelque chose de supérieur pour confirmer notre insignifiance et anéantir notre vanité. Rien ne procure plus de plaisir à un SAMOURAÏ que d'obéir. À notre époque, alors que nous sommes plus manipulés et contrôlés que jamais dans une dictature sans dictateur, nous avons paradoxalement perdu le beau sens de l'obéissance et de la loyauté, et même ceux qui se croient libres ne le sont pas. C'est vraiment la douleur qui nous rapproche de la mort. Nous sommes exilés sur terre. Pour ma part, je m'imagine morte tous les matins. Depuis longtemps. Je considère tout du point de vue de ma mort, et c'est là le coeur du Hagakure.
S comme « Se dresser pour combattre sans rien d'autre que le sabre ». Quelles sont vos batailles ?
Me lever chaque matin et me mettre à marcher est une véritable épreuve. Est-ce en contradiction avec le désir de mort ? Oui. Je n'ai pas encore résolu le conflit entre l'art et la vie. L'art soutient mes enfers. Que ferai-je quand l'art ne pourra plus me sauver ? Je ne sais pas. Pour l'instant, dans chaque mise en scène, dans chaque livre, je trouve un moyen de me suicider. Puis je ressuscite, et je recommence. Il existe des suicidaires sans suicide. Je suis peut-être l'un d'entre eux.
H comme Héroïsme. « Si le concept du héros est d'ordre physique, alors, tout comme Alexandre le Grand acquit la stature héroïque en prenant Achille pour modèle, les conditions nécessaires pour devenir un héros doivent être à la fois de bannir l'originalité et de rester fidèle à un modèle classique », écrit Mishima dans Le soleil et l'acier. Quelles sont les conditions nécessaires, selon vous, pour devenir un héros ou une héroïne ?
Mishima souhaitait une mort héroïque, mythique. Vieillir lentement est vraiment effrayant. Les symboles de la corruption de l'ange sont identiques à la description de la vieillesse, l'incontinence fécale, la mauvaise odeur, la corruption de la chair. Vieillir est terrifiant. Kawabata l'exprimait également en ces termes. Le modèle classique est donc associé à la force, à la jeunesse et à la beauté. Une mort héroïque ne peut exister qu'à un certain âge. Le destin du héros est de mourir en pleine possession de ses moyens et dans l'exercice de sa force. Il en est ainsi depuis la tragédie antique. À mesure que je vieillis, je me sens complètement éloignée de l'héroïsme. Je me sens déjà hors du monde héroïque, je me sens déjà encerclée par le passage du temps. Je continue à me battre pour le plaisir de me battre, pour le plaisir de mourir en me battant. Mais je ne peux plus être une héroïne.
I comme Irradier. Comment se propage la douleur et la lueur de Mishima jusqu'à nous ? Quel rôle peut jouer le public dans votre représentation ?
Oui, comme c'est beau, le rayonnement de Mishima. Je pense que sa douleur et son éclat, en définitive la beauté de sa vie et de son oeuvre, nous parviennent à travers mon amour pour Mishima, un amour éternel. C'est l'écrivain qui a le plus influencé ma vie. S'il y a un écrivain que j'aime, c'est Mishima. Et c'est par cet amour que vous le connaîtrez et que vous l'aimerez.
M comme Masculinité ou beauté masculine. Il y a un thème récurrent dans l'oeuvre de Mishima, celui de la beauté — en particulier, masculine — qu'il noue étroitement au désir et à la mort. Votre oeuvre rejoue-t-elle cette articulation ?
Absolument. Je me suis entourée d'hommes beaux. Il ne pouvait en être autrement. L'amour entre hommes dans le monde des samouraïs était beaucoup plus élevé que l'amour entre hommes et femmes. Il existe un livre extraordinaire de contes classiques japonais qui parlent de la Voie de l'amour viril. Dans le monde classique, dans le monde des samouraïs, le mot homosexualité n'existait même pas, mais seulement l'amour viril. C'est très beau.
A comme Amour. « L’art d’aimer tel qu’on le pratique en Amérique consiste à se déclarer, à faire valoir ses droits et saisir la proie. Jamais on ne laisse l’énergie engendrée par l’amour s’accumuler à l’intérieur ; on la diffuse constamment à l’extérieur » écrit Mishima dans Le Japon moderne et l’éthique samouraï.
Votre spectacle Seppuku El Funeral de Mishima est-il finalement un « chant d’amour » ? Comment agencez-vous votre intériorité avec le dehors de la représentation ? Et si c’est un chant, est-il dangereux ?
Mishima défendait l'amour secret. Mourir sans révéler le nom de l'être aimé. Dans son commentaire sur le Hagakure, il mentionne ces vers du poète Saygo, où, selon lui, apparaît pour la première fois le mot hagakure, qui signifie « à l'ombre des feuilles ».
Hagakure ni Chiri to
domareru Hana nomi zo
Shinobishi hito ni Au
kokochisuru
Fleur solitaire qui reste
cachée parmi les feuilles,
telle est ma rencontre avec
celui que j'aime en secret.
Telle est l'essence de l'amour pour Mishima. Et l'essence de l'énergie. Bien sûr, cette oeuvre n'est pas seulement née de mon amour pour Mishima et ses livres, elle est aussi née de ma relation avec le suicide, de mon respect pour les suicidés. Mais l'important est de construire le poème. Mourir n'est pas dangereux.