Paroles d'habitant·es créateur·rices 26-27

Si les biens communs peuvent inclure des éléments tels que l’eau, l’air, les forêts, les océans, les logiciels open source, les connaissances partagées… pourquoi, après tout, donner un statut d’exception à la création artistique au théâtre ? 

Pas sans les habitant·es

Rendre effectif l’accès à l’institution publique suppose de garantir pour toutes et tous un droit nouveau : celui de participer concrètement à la création, sans que la langue que l'on parle, le quartier d’où l’on vient, les goûts qui sont les nôtres, nos modes d’expressions et d’effusions minoritaires, la singularité et la complexité de nos histoires enchevêtrées, ne soient des freins.

Ainsi, nous formons le socle d’une culture qui ne gagne sa légitimité que parce qu’elle est partagée, joyeuse et inclusive. La forme renouvelée de cette légitimité, que Caroline Guiela Nguyen qualifie comme « une égalité d’estime », le TnS fait le pari qu’elle ne peut pas se construire sans les habitants et les habitantes.

Paroles d'habitant·es créateur·rices 
des Galas du TnS 2026

 

  • Il n’y a pas d’un côté des artistes, et de l’autre des gens emprisonnés dans le réel.

  • Quand j'ai commencé avec la pratique du théâtre, dans le cadre des Galas, c'était un espace pas du tout familier, la découverte d’un univers dont je devais conquérir les codes. Mais le théâtre est aussi devenu la métaphore de tous les autres espaces où je pouvais prétendre aller alors qu’ils étaient fermés :
    un musée, un parlement, un pays… La métaphore de toutes les possibilités de la vie qu’il me reste à explore

  • Faire résonner la langue arabe et la mémoire d’une si grande chanteuse [Oum Kalthoum] dans les Galas, ça a beaucoup compté pour moi. Je me souviens des voyages au pays, en voiture, mes parents mettaient les cassettes d’Oum Kalthoum, et les chansons nous accompagnaient pendant la route... Mon père est mort aujourd’hui, malheureusement, et ça fait partie des souvenirs d’enfance avec lui que je chéris et que je n’aurais jamais imaginé pouvoir partager sur la scène d’un théâtre.


  • Aller de l'autre côté, devenir actrice, c'est émouvant et très nouveau. Je découvre le processus de création, un espace et un moment où on prend le temps.

  • Je n’ai pas de lien spécial et intime avec Oum Kalthoum. En revanche, chanter dans le chœur des Galas, cela m’a permis de comprendre la vie de celles et ceux qui ont grandi avec la langue arabe, d’accueillir leurs trajectoires dans ce monde contemporain compliqué et de mieux saisir de quoi sont pétries mes
    amitiés syriennes, libanaises, algériennes, marocaines, turques, kurdes... Et aussi, de passer de l’autre côté du miroir du TnS, une institution chère à mon cœur de Strasbourgeoise.

  • C'est pas juste une pièce pour une pièce. C'est pas juste une musique pour une musique. C'est pas juste un spectacle pour un spectacle. Il y a vraiment une convergence des désirs. Et c’est ça qui nous porte.

  • J'en ai rêvé, vous l'avez imaginé, on l'a fait.

  • Le théâtre, finalement, existe pour partager une idée du monde, de la rencontre, de la beauté, d’une chose qui nous transcende tous et toutes et qui nous accompagne dans notre quotidien. Quelque chose grandit en nous et se libère dans le sens d'une parole ou d'un geste.

  • J’ai participé aux Galas l’an dernier, et je crois que je suis devenu un peu addict...